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<oembed><version>1.0</version><provider_name>Swiss Music Review</provider_name><provider_url>https://www.revuemusicale.ch/en</provider_url><author_name>Musikzeitung-Redaktion</author_name><author_url>https://www.revuemusicale.ch/en/author/admin</author_url><title>Imaginez un peu ! - Revue Musicale Suisse</title><type>rich</type><width>600</width><height>338</height><html>&lt;blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="EjWPmOMaD9"&gt;&lt;a href="https://www.revuemusicale.ch/en/basis/2022/05/imaginez-un-peu"&gt;Just imagine!&lt;/a&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;iframe sandbox="allow-scripts" security="restricted" src="https://www.revuemusicale.ch/en/basis/2022/05/imaginez-un-peu/embed#?secret=EjWPmOMaD9" width="600" height="338" title="&#x201C;Imaginez un peu !&#x201D; &#x2014; Revue Musicale Suisse" data-secret="EjWPmOMaD9" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no" class="wp-embedded-content"&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;script&gt;
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Ce qui r&#xE9;unit beaucoup d'entre nous, ce sont les moyens financiers limit&#xE9;s avec lesquels nous devons jongler. Surtout apr&#xE8;s COVID. Coinc&#xE9;&#xB7;e&#xB7;s entre la pression &#xE9;conomique et les exigences artistiques, l'urgence de notre mission commune peut passer au second plan. C'est compr&#xE9;hensible mais fatal car, le temps, nous est compt&#xE9;. Si nous ne r&#xE9;duisons pas, de mani&#xE8;re significative les &#xE9;missions mondiales de gaz &#xE0; effet de serre au cours des huit prochaines ann&#xE9;es et si nous ne limitons pas le r&#xE9;chauffement de la plan&#xE8;te &#xE0; 1,5 degr&#xE9;s, &#xE0; long terme, les cons&#xE9;quences seront de l'ordre de grandeur suivant : l'Inde, pays de plus de 1,3 milliard d'habitant&#xB7;e&#xB7;s, sera en grande partie inhabitable dans quelques d&#xE9;cennies car il fera tout simplement trop chaud. En tant qu'industrie musicale, nous avons, comme tous les autres secteurs, la responsabilit&#xE9; collective de rompre avec nos routines gourmandes en ressources. Nous pouvons le faire ! L'industrie de la musique est celle qui produit le plus d'&#xE9;missions dues &#xE0; la mobilit&#xE9;. Au cours d&#x2019;un seul week-end, les DJs sont transport&#xE9;&#xB7;e&#xB7;s de Londres &#xE0; Varsovie, puis &#xE0; Majorque et enfin, &#xE0; Berlin, pour l'afterhour, les groupes traversent l'Europe en petits ou grands bus, les fans se rendent par milliers en voiture &#xE0; leurs concerts. Si l'on veut agir de mani&#xE8;re plus durable en tant que musicien&#xB7;ne&#xB7;s, il est indispensable de repenser notre mani&#xE8;re de voyager.  Un vol aller-retour entre Zurich et Londres g&#xE9;n&#xE8;re environ 400 kg de CO2 par personne. C'est deux tiers de ce qu'une personne peut &#xE9;mettre annuellement, selon l'organisation My Climate, si nous voulons stopper efficacement (et solidairement) le r&#xE9;chauffement climatique. Actuellement, en Europe, une personne consomme, en moyenne, environ 8,4 tonnes. &#xC0; titre de comparaison, une personne se rendant, &#xE0; Londres, en train - via Paris, en moins de huit heures - &#xE9;met 40 kg de CO2. Renoncer &#xE0; prendre l'avion fait partie de la protection climatique la plus efficace. Les compensations de CO2 n'offrent pas de r&#xE9;elle solution et c&#x2019;est m&#xEA;me le contraire : elles sont controvers&#xE9;es car elles reportent les &#xE9;conomies dans le futur. Un musicien allemand qui voulait compenser sa tourn&#xE9;e en achetant une parcelle de for&#xEA;t et en plantant des arbres a d&#xFB; constater, peu de temps apr&#xE8;s, que ses arbres avaient &#xE9;t&#xE9; victimes d'un parasite. Pour absorber les &#xE9;missions, ils auraient d&#xFB; pousser pendant des d&#xE9;cennies. La r&#xE8;gle g&#xE9;n&#xE9;rale est donc la suivante : d'abord &#xE9;viter, puis r&#xE9;duire et, seulement &#xE0; la toute fin, compenser le reste.  En tant que musicien&#xB7;ne&#xB7;s (en tourn&#xE9;e), nous sommes souvent pris&#xB7;ses dans un r&#xE9;seau complexe de d&#xE9;pendances socio-&#xE9;conomiques. Nous sommes d'autant plus tributaires du fait que les autres acteur&#xB7;trice&#xB7;s bougent &#xE9;galement. Nous pouvons acc&#xE9;l&#xE9;rer ce processus en faisant de la durabilit&#xE9; un th&#xE8;me. Encore et toujours. Tr&#xE8;s concr&#xE8;tement : demandez &#xE0; la directrice de votre salle de concert si le chauffage au mazout ou au gaz a d&#xE9;j&#xE0; &#xE9;t&#xE9; remplac&#xE9; et si l'&#xE9;lectricit&#xE9; provient de sources renouvelables, cr&#xE9;ez votre propre catering rider &#xE0; l'aide du mod&#xE8;le &#xAB; Green Rider &#xBB;, avec lequel vous pouvez inciter les organisateur&#xB7;trice&#xB7;s &#xE0; proposer des repas v&#xE9;g&#xE9;tariens et v&#xE9;g&#xE9;taliens ou &#xE0; renoncer aux bouteilles en plastique. Discutez avec votre agence de booking de la mani&#xE8;re dont le routing de votre tourn&#xE9;e peut &#xEA;tre organis&#xE9; de mani&#xE8;re plus efficace et discutez avec vos coll&#xE8;gues musicien&#xB7;ne&#xB7;s de la question de savoir si cela vaut vraiment la peine de parcourir des centaines de kilom&#xE8;tres ou m&#xEA;me de prendre l'avion pour ce seul concert. Demandez &#xE0; des organismes de financement de vous aider &#xE0; voyager de mani&#xE8;re plus durable (location d'un van &#xE9;lectrique, billets de train, h&#xE9;bergement suppl&#xE9;mentaire). D'apr&#xE8;s plusieurs entretiens, nous savons que les fondations souhaitent que les artistes fassent davantage pression. Rejoignez Music Declares Emergency ou une autre organisation et puis adressez-vous au public : que ce soit par le biais de chansons, d'annonces de concert ou de r&#xE9;seaux sociaux, partagez vos pr&#xE9;occupations concernant le r&#xE9;chauffement climatique, formulez des utopies. C'est l&#xE0; qu'intervient notre v&#xE9;ritable superpuissance : en tant qu'artistes, nous sommes sp&#xE9;cialis&#xE9;&#xB7;e&#xB7;s dans l'&#xE9;largissement des r&#xE9;alit&#xE9;s. Par le biais de notre musique, nous cr&#xE9;ons, en permanence, de nouveaux lieux allant de l'abri pour les sentiments inconfortables au paysage utopique. Dans le contexte de la crise climatique, cette imagination est tr&#xE8;s sollicit&#xE9;e. Il n'y aura jamais assez de musicien&#xB7;ne&#xB7;s qui se mettent la t&#xEA;te dans les nuages, qui posent des questions et qui provoquent le changement : &#xE0; quoi ressemblent les mod&#xE8;les de tourn&#xE9;e alternatifs ? Comment peuvent-ils &#xEA;tre &#xE0; la fois plus durables sur le plan &#xE9;cologique, moins stressants et plus judicieux sur le plan &#xE9;conomique ? Que se passerait-il, par exemple, si chaque salle de concert disposait de sa propre backline ? Si nos bagages &#xE9;taient pris en charge par des v&#xE9;los cargos dans la salle de r&#xE9;p&#xE9;tition, amen&#xE9;s &#xE0; la gare et charg&#xE9;s par le service de transport de l'op&#xE9;rateur ferroviaire et si nous pouvions &#xE9;galement voyager en train en toute d&#xE9;contraction ? Si nous jouions dans six villes, au lieu de vingt, pendant une tourn&#xE9;e de trois semaines mais que nous restions, &#xE0; chaque fois, quatre jours dans un lieu et donnions quatre concerts dans quatre lieux ? Si ces tourn&#xE9;es de r&#xE9;sidence &#xE9;taient encourag&#xE9;es ? Si nous avions plus de temps pour conna&#xEE;tre la sc&#xE8;ne musicale locale et mettre en place des collaborations ? Formuler des id&#xE9;es, m&#xEA;me non abouties, peut repr&#xE9;senter un premier pas important. Cela nourrit les personnes qui sont sp&#xE9;cialis&#xE9;es dans la traduction de nos id&#xE9;es en r&#xE9;alit&#xE9;s politiques.</description></oembed>
