Agir ensemble pour la musique à vent
De moins en moins d’enfants apprennent à jouer d’un instrument à vent – les écoles de musique, mais aussi les sociétés de musique à vent en ressentent les conséquences. Les regroupements régionaux, comme la nouvelle «Regionale Jugendmusik Aareland», peuvent améliorer la situation.

«L’encouragement de la jeunesse est une question qui nous concerne tous», déclare Fabian Gaberthüel. «Tu ne peux pas simplement te rendre au village, enseigner, puis rentrer chez toi». Professeur de percussions dans plusieurs écoles de musique d’Argovie et membre de la société de musique de Rothrist, il sait par expérience de quoi il parle. Les fanfares et harmonies ont besoin de relève, les jeunes profitent de la possibilité de faire de la musique d’ensemble dans une société – et les écoles de musique assurent leur formation. Il y a deux ans, constatant que la région comptait cinq sociétés de musique à vent mais une seule musique des jeunes, il a décidé d’agir. «Dans les cinq communes de la région, nous avons 4400 enfants scolarisés, dont environ un sur cinq joue d’un instrument», calcule-t-il. «Environ 80 jouent d’un instrument à vent et environ 90 des percussions. Cela représente un énorme potentiel.» Il a élaboré le plan d’une musique des jeunes régionale, a organisé des rencontres avec des écoles et sociétés de musique, et aussi présenté personnellement son idée à tous les professeur-es de musique. «Nous voulions impliquer l’ensemble des parties prenantes», explique-t-il. «Toutes sont nécessaires: les sociétés, les écoles de musique et les enseignant-es.» La première répétition a eu lieu en février 2026 avec quinze jeunes, et les premiers concerts sont déjà planifiés.

Grâce à la structure tripartite, la musique des jeunes régionale sera étroitement intégrée dans l’offre existante. Le niveau «Mini» se déroulera dans les écoles de musique, où les enfants et les jeunes pourront faire de premières expériences de jeu dans un ensemble à vent. Le niveau «Midi» correspond à la nouvelle « Jugendmusik », et au niveau «Maxi», les jeunes intègrent la société de musique à vent. «La musique des jeunes régionale est appelée à devenir le creuset où pourront puiser les sociétés de musique», estime Fabian Gaberthüel. Il souligne qu’après l’intense travail de mise en place et de communication, le lancement réussi de la nouvelle musique des jeunes est sa plus grande récompense.
Marco Aebersold, directeur actuel de l’école de musique d’Aarberg, rapporte une expérience similaire. Il y a une vingtaine d’années, avec son collègue Jörg Burkhalter, directeur comme lui d’un orchestre à vent, il a fondé un orchestre à vent de jeunes pour la région du Bas-Simmental, le «Jugendblasorchester unteres Simmental» (JBUS). «Les travaux préparatoires ont été très intensifs», explique-t-il. «Il s’agissait de sensibiliser, et aussi d’apaiser les inquiétudes». Grâce à un comité d’organisation intersociétés, le JBUS a pu s’assurer que la relève pourrait intégrer les différentes sociétés de musique. Il souligne qu’il est très important de s’occuper intensivement de la relève, de jeter des ponts et de créer un lien avec les sociétés d’adultes.
Déjà à l’époque, le JBUS a cherché à collaborer avec les écoles de musique – les deux fondateurs enseignaient eux-mêmes à l’école de musique locale. En tant que directeur d’école, Marco Aebersold y voit aujourd’hui encore un avantage: «Lorsque les professeur-es de musique s’engagent aussi pour les sociétés de musique à vent, les deux parties sont cent pour cent gagnantes». Les sociétés de musique à vent sont des partenaires très importants des écoles de musique, relève-t-il. Comme elles sont très actives musicalement dans la région desservie par l’école de musique d’Aarberg, il est d’autant plus important que les enfants et les jeunes soient préparés et encouragés à l’école de musique. «Les sociétés de musique à vent jouent un rôle central pour la cohésion sociale», souligne-t-il. «Elles rassemblent différents groupes d’âges, différentes personnes. On ne saluera jamais assez l’existence de la musique à vent, c’est un hobby qui crée des liens.»
Nadja Günthör, présidente du CO de la Fête fédérale de musique 2026 à Bienne, se passionne pour les associations. «La vie associative est en recul, c’est très dommage», déplore-t-elle. C’est la raison pour laquelle les organisateurs de la première fête fédérale depuis dix ans ont veillé à accorder beaucoup de place à la jeunesse et à rapprocher les générations. «En tant qu’êtres humains, nous vivons d’émotions et de passions – c’est pour cela que la musique existe». Les sociétés de musique à vent, les écoles de musique, mais aussi les associations cantonales et nationales tirent à la même corde, observe-t-elle, raison pour laquelle il vaut la peine de communiquer ensemble et d’oser se lancer.
Directrice adjointe de l’école de musique de Bienne, Isabelle Lehmann est très heureuse que son institution – comme toutes les écoles de musique de la région – ait été invitée à participer à la FFM. Plusieurs formations, dont certaines spécialement créées pour l’occasion, se sont produites sur scène. A Bienne, le nombre d’inscriptions dans les vents reste stable, environ un cinquième des élèves suivent des cours individuels d’un instrument à vent, auxquels s’ajoutent vingt élèves en percussions classiques. Un tiers des élèves apprenant un instrument à vent sont également membres de JUBIS, l’ensemble des jeunes de la Musique de la ville de Bienne. «Les sociétés de musique à vent complètent quelque chose que nous ne pouvons pas faire», relève Isabelle Lehmann. «La pratique commune de la musique dans un grand ensemble, le sentiment d’appartenance à une société, les excursions et les week-ends. Nous pouvons nous enrichir mutuellement.»

«Nous devrions beaucoup plus communiquer ensemble. Tirer à la même corde, nous soutenir les uns les autres, oser se lancer. Nous ne devons pas hésiter à nous engager pour la musique».
Nadja Günthör, Présidente du CO de la FFM 2026
