Biografie di Hans Huber, Ignace Paderewski e Paulet Thévenaz

La collection de brefs opuscules Presto, éditée par Infolio, poursuit son exploration de personnalités suisses ou installées en Helvétie.

Portrait de Stravinsky par Paulet Thévenaz, 1914. Image : DR

Parmi les récentes parutions de cette série à l’agréable format de poche, on trouve la première biographie en français d’un des plus importants représentants du romantisme musical alémanique, le Soleurois Hans Huber. Formé par Reinecke à Leipzig, comme tant d’autres, il accomplit l’essentiel de sa carrière à Bâle. Si la postérité a surtout retenu ses huit symphonies ou certaines de ses partitions de musique de chambre, écrites dans le sillage de Schumann, Brahms et Raff, il avait acquis sa notoriété en particulier par le Festspiel commémorant en 1892 le 500e anniversaire de la réunion de Bâle et du Petit-Bâle, qui lui valut le titre de docteur honoris causa de l’université de Bâle. Devenu une des figures musicales incontournables en Helvétie, il fut un des plus actifs initiateurs, avec son collègue Friedrich Hegar, de l’Association des Musiciens Suisses, fondée en 1900. Le musicographe James Lyon retrace les étapes de la vie de Huber et décrit ses principales œuvres, en soulignant l’influence qu’eurent sur lui la mythologie alpine d’une part, perceptible dès sa première symphonie consacrée à l’histoire de Guillaume Tell, et l’esprit humaniste prédominant dans la cité rhénane d’autre part.

Pianiste légendaire, compositeur et homme politique polonais, Ignace Jan Paderewski vécut de 1897 à 1940 dans une fastueuse demeure à Tolochenaz, jouxtant la ville de Morges, où les réceptions attirèrent nombre de célébrités artistiques du monde entier, mais également des concitoyens exilés. Interprète adulé, pour qui la maison Steinway avait spécialement affrété des convois ferroviaires lors d’une tournée américaine durant laquelle il donna près d’une centaine de récitals, Paderewski était en effet profondément préoccupé par le sort de sa patrie, multipliant les discours et les concerts en faveur d’une récolte de fonds destinée aux compatriotes victimes de la Première Guerre mondiale. Il accepta même, l’indépendance du pays retrouvée, de présider en 1919 le Conseil des ministres, sacrifice qu’il réitéra en 1940 lorsque le Gouvernement dû s’expatrier suite au dépeçage de la Pologne. Dans cet ouvrage, Antonin Scherrer, par ailleurs conservateur du musée Paderewski hébergé actuellement par le château de Morges, se concentre sur les liens de l’illustre musicien avec la Suisse, notamment ses efforts diplomatiques, comme par exemple à l’occasion de l’internement de plus de 12 000 soldats polonais réfugiés durant la Seconde Guerre mondiale.

Si une péritonite ne l’avait pas emporté en 1921 à l’âge de 30 ans, l’exceptionnel talent du peintre genevois Paul, dit Paulet, Thévenaz, aurait certainement été plus largement reconnu, de même que son originalité de pionnier de l’Art déco. Au lieu de l’école des Beaux-Arts, ses parents l’envoyèrent à celle des arts industriels, où il acquit une solide connaissance du dessin technique et ornemental, qui transparait dans ses portraits expressifs, aquarelles, décors et autres travaux, dont plusieurs sont reproduits au fil des pages de cette monographie. Outre ses dons d’artiste visuel, Thévenaz possédait le sens du mouvement. Découvrant au Conservatoire les cours de rythmique de Jaques-Dalcroze, il en devint un fervent adepte, non seulement en illustrant par ses croquis des publications présentant la méthode Dalcroze, mais aussi en participant en 1908 à une tournée de démonstration en Allemagne, en initiant en 1911 les danseurs russes à Saint-Pétersbourg, puis en ouvrant une école de rythmique à Paris, discipline qu’il enseigna également à l’Opéra Garnier. Emigré aux Etats-Unis en 1916, il y poursuivit sa double carrière, brisée abruptement par le destin. Avec justesse et émotion, Jean Pierre Pastori ravive le souvenir de cette personnalité attachante, ardente et libre, à l’éclat météorique.

James Lyon : Hans Huber ou l’humanisme musical bâlois, 64 p., Fr. 12.00, Infolio, Gollion 2025, ISBN 978-2-88968-182-2

Antonin Scherrer : Paderewski, le plus suisse des Polonais, 64 p., Fr. 12.00, Infolio, Gollion 2025, ISBN 978-2-88968-181-5

Jean Pierre Pastori : Thévenaz, formes et rythmes, 64 p., Fr. 12.00, Infolio, Gollion 2021, ISBN 978-2-88474-488-1

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